La semaine va être longue. Mardi Martine Aubry doit faire valider sa victoire de premier secretaire du PS devant le conseil national du parti avant la réunion, samedi prochain - 29 novembre - du nouveau conseil. Mais la situation est très confuse et à ce jour, la victoire sur le fil du rasoir de Martine Aubry n'est pas totalement acquise et un nouveau vote pourrait intervenir en raison des anomalies électorales nombreuses dans les deux sens.
Martine Aubry a déclaré en fin de journée samedi vouloir être "le premier secrétaire de tous les militants socialistes", dès que les résultats la plaçant en tête auront été validés mardi par les instances du parti. "C'est quand même très étrange de voir une candidate à une élection s'auto-proclamer élue, alors même qu'il y a actuellement un certain nombre de décomptes de voix qui sont en cours d'examen", a répliqué Ségolène Royal.
Au terme du vote des militants pour désigner leur nouveau premier secrétaire, la maire de Lille a devancé l'ex-candidate à la présidentielle de 42 voix, sur 134.784 suffrages exprimés, selon un
décompte rendu public à l'aube par la direction du PS à l'issue d'une folle nuit de rumeurs, coups de gueule et d'intox.
Avant même cette annonce, Ségolène Royal faisait savoir qu'elle ne "se laisserait pas faire", exigeant un nouveau vote. Exigence réitérée en soirée sur TF1.
Au fil de la journée de samedi, des partisans des deux camps ont évoqué des tricheries ou des erreurs ayant selon eux faussé le scrutin. La fédération PS de Gironde a constaté une erreur dans la retranscription des résultats du vote des militants d'une de ses sections et a indiqué dimanche que Martine Aubry avait enregistré 11 voix de plus que ce qui avait été annoncé et Ségolène Royal 41 de moins.
L'entourage direct de Ségolène Royal a cité plusieurs cas précis où sa candidate aurait été défavorisée, notamment à Lille, le fief de Martine Aubry. Le mandataire de la motion de Ségolène Royal
dans le département du Nord affirmait ainsi samedi que le score de Martine Aubry dans une section lilloise avait été gonflé de 20 voix. Sans oublier, l'erreur reconnue par la fédération de
Moselle aboutissant à donner 24 voix supplémentaires à Ségolène Royal.
Plus loin, en Nouvelle Calédonie, la section PS de Nouvelle-Calédonie s'est déclarée "inquiète" dimanche de la non prise en compte de ses voix, favorables à Ségolène Royal, pour l'élection du premier secrétaire du parti qui soulève la polémique. Dans cette petite section, il y a eu 16 votants, dont 13 se sont prononcés pour Ségolène Royal et 3 pour Martine Aubry.
François Hollande, à la tête du parti depuis 11 ans et souvent critiqué avant même cette crise pour son refus de trancher les conflits, a lancé un "appel à la responsabilité de chacun et au
respect de nos procédures, du vote et de nos instances". Et d'assurer, comme une incantation, que "le risque n'est pas du tout de scission ou d'éclatement, (mais) de confusion". (article tirée de
la tribune)
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